Les vieux villages de la Riviera albanaise que sont Qeparo, Vuno et Himarë s'accrochent aux collines au-dessus de la côte, à mille lieues des bars de plage en contrebas. Chacun offre des ruelles de pierre, des églises orthodoxes, des ruines de châteaux et de vastes vues sur la mer Ionienne, et chacun se découvre à pied en quelques heures.
La plupart des visiteurs passent devant sans s'arrêter, sur la route côtière entre Vlorë et Saranda. Arrêtez-vous, et vous découvrirez un visage plus calme et plus ancien de la Riviera albanaise. Ce guide présente ce qu'il faut voir dans chaque village, comment se déplacer et comment visiter avec respect.
Villages perchés et villages de bord de mer
Pendant des siècles, les habitants de cette portion de côte ont bâti leurs maisons sur les hauteurs, où les villages étaient plus faciles à défendre. Beaucoup de villages comptent encore deux parties : un vieux noyau perché et un quartier plus récent au bord de la mer.
Le déplacement vers le rivage a eu lieu dans la seconde moitié du XXe siècle. À Qeparo, par exemple, une nouvelle route côtière et une adduction d'eau construites après 1957 ont attiré les familles vers le bas, créant la séparation entre le vieux Qeparo (haut) et le nouveau Qeparo (bas) que l'on voit aujourd'hui. Après 1991, l'émigration – en grande partie vers la Grèce – a vidé beaucoup des maisons anciennes.
Aujourd'hui, les villages de bord de mer accueillent la plupart des hôtels, tandis que les villages du haut sont plus calmes, en partie abandonnés et lentement restaurés. La région de Himarë se distingue aussi par sa mixité de communautés albanophones et hellénophones, et vous entendrez les deux langues dans ses villages.
Qeparo : le vieux village le mieux préservé
Le vieux Qeparo s'accroche à la montagne au-dessus de son homonyme moderne, entre Himarë et Borsh. C'est l'un des villages les plus chargés d'atmosphère de la côte, avec ses maisons en calcaire aux murs épais, ses petites fenêtres, ses portails voûtés, ses ruelles pavées et ses vieilles fontaines aux plaques datées. Beaucoup de maisons sont vides, mais certaines ont été soigneusement restaurées.
Que voir
- Église Sainte-Marie : son clocher, daté de 1796, domine les toits au centre du village.
- Saint-Démétrius : une église monastique construite en 1760.
- Karos : un court sentier partant de l'extrémité nord du village traverse des oliveraies jusqu'aux ruines de la forteresse de Karos, dont les murs les plus anciens remontent à la fin de l'âge du bronze et au début de l'âge du fer. Par temps clair, on voit Corfou d'ici.
Pour monter
Une étroite route goudronnée en lacets grimpe depuis la côte ; garez-vous à l'entrée du village, car les ruelles sont réservées aux piétons. À pied, la montée d'environ 2,4 km depuis la route principale prend environ 40 minutes. Il n'y a pas de distributeur de billets dans le village du haut ; emportez donc des espèces pour ses petits restaurants.
Vuno : des ruelles de pierre au-dessus de Jalë
Vuno dévale une colline sur la route côtière entre Himarë et Dhërmi. Ses maisons de pierre étagées, ses ruelles escarpées et ses vues sur la mer en font l'une des plus jolies étapes de la Riviera, et sa petite population augmente en été avec l'ouverture des maisons d'hôtes.
Repérez les églises Saint-Spyridon, de 1778, et Sainte-Marie, de 1783, même si, comme beaucoup d'églises de village ici, elles ne sont pas toujours ouvertes. Vuno a une longue tradition scolaire, et son ancienne école a été utilisée ces dernières années comme auberge de jeunesse estivale – signe que les vieux bâtiments trouvent une nouvelle vie.
Sous le village, une route secondaire descend en lacets jusqu'à la plage de Jalë, et la plage-canyon de Gjipe se trouve un peu plus au nord. Vuno est une base paisible si vous voulez associer journées à la plage et promenades du soir dans un vrai village.
Himarë : un quartier du château au-dessus de la baie
Himarë est la principale ville de la Riviera, avec un front de mer animé à Spile et des plages comme Livadhi à proximité. Au-dessus, sur une colline rocheuse, se trouve la vieille ville – appelée Kastro sur place – bâtie autour du château de Himarë, dont les origines remontent à l'Antiquité.
À l'intérieur des remparts, vous pouvez flâner entre maisons de pierre et églises, dont l'église de Tous-les-Saints près de l'entrée du château, et profiter de vastes vues sur la baie. Sous la domination ottomane, Himarë négocia des privilèges inhabituels, dont une certaine autonomie et le droit de porter les armes, et ses habitants se révoltèrent à plusieurs reprises.
Au sud de la ville, la forteresse de Porto Palermo, associée à Ali Pacha, garde une baie abritée et constitue un arrêt facile sur la route de Qeparo. Elle est généralement ouverte aux visiteurs, avec des horaires réduits hors saison estivale.
Dhërmi et les villages de montagne
Au nord de Vuno, le vieux village de Dhërmi s'étage sur la pente au-dessus de sa célèbre plage. Il compte plusieurs églises, dont Saint-Étienne et l'église monastique de la Panagia, tandis que le monastère Saint-Théodore se dresse sur une colline au bout de la plage.
À l'intérieur des terres depuis Himarë, les villages de montagne de Pilur et Kudhës sont réputés pour l'iso-polyphonie, ce chant populaire envoûtant à plusieurs voix reconnu par l'UNESCO comme patrimoine culturel immatériel. Les routes sont étroites et sinueuses ; un chauffeur ou un guide local facilite donc grandement le trajet.
Se déplacer et quand partir
La route côtière SH8 relie Vlorë à Saranda par le col de Llogara, en passant près des trois villages. Une voiture offre le plus de liberté, mais les ruelles des villages sont étroites et le stationnement limité : laissez la voiture à l'entrée et continuez à pied. Des bus circulent le long de la côte entre Vlorë, Himarë et Saranda, mais ils sont moins fréquents hors été ; renseignez-vous sur place.
Des sentiers relient certains villages à des plages et à des sommets de collines, comme le chemin du haut Qeparo à Karos. Le printemps et l'automne sont les meilleures saisons pour marcher ; en plein été, partez tôt pour éviter la chaleur de midi, et n'oubliez pas que beaucoup de maisons d'hôtes et de restaurants ferment hors saison. Pour un itinéraire complet le long de la côte, consultez notre guide du road trip d'une semaine sur la Riviera albanaise.
Comment visiter avec respect
Ce sont des communautés vivantes, pas des musées à ciel ouvert, et un peu de courtoisie fait toute la différence :
- Saluez les gens d'un « mirëdita » (bonjour) amical et demandez avant de photographier quelqu'un.
- N'entrez pas dans les maisons vides ou en ruine – ce sont des propriétés privées, parfois structurellement dangereuses.
- Portez une tenue correcte dans les églises, couvrez épaules et genoux, et respectez les portails fermés.
- Garez-vous à l'extérieur du village et entrez à pied, car les ruelles sont étroites et utilisées par les habitants.
- Remportez vos déchets, car ils posent problème à certains endroits.
- Dépensez localement : mangez dans les restaurants du village et achetez du miel, de l'huile d'olive ou du fromage aux producteurs locaux quand vous le pouvez.
Questions fréquentes
Quel vieux village de la Riviera albanaise vaut le plus la visite ?
Si vous n'avez le temps que pour un seul, choisissez le vieux Qeparo. Il possède l'ensemble le plus complet de maisons de pierre traditionnelles, une église du XVIIIe siècle, des ruelles paisibles et une courte marche jusqu'aux ruines de la forteresse de Karos avec vue sur la mer. Vuno est le plus facile à combiner avec une journée à la plage à Jalë, tandis que le quartier du château de Himarë ajoute de l'histoire et de grandes vues sur la baie.
Comment se rendre au vieux Qeparo ?
Le haut Qeparo domine le village côtier du bas Qeparo, entre Himarë et Borsh. Vous pouvez monter en voiture par une étroite route goudronnée en lacets et vous garer à l'entrée du village, ou parcourir à pied les quelque 2,4 km depuis la route côtière en 40 minutes environ. Portez des chaussures solides, car les ruelles sont raides et irrégulières.
Les vieux villages de la Riviera sont-ils abandonnés ?
En partie. Beaucoup de familles sont descendues vers la côte ou ont émigré, surtout après 1991 ; certaines maisons sont donc vides ou en ruine. Les villages restent toutefois habités, et un nombre croissant de maisons ont été restaurées comme habitations ou maisons d'hôtes. Considérez-les comme des communautés vivantes et évitez d'entrer dans les bâtiments vides.
Faut-il une voiture pour visiter les villages ?
La voiture est le moyen le plus souple, surtout pour les villages perchés comme le haut Qeparo, mais elle n'est pas indispensable. Les bus côtiers s'arrêtent près des villages du bas, d'où vous pouvez monter à pied, et des taxis sont disponibles à Himarë. Un circuit guidé dans le sud est une autre option simple si vous préférez ne pas conduire sur les routes de montagne.
Quelle est la meilleure période pour visiter les villages de la Riviera ?
La fin du printemps et le début de l'automne sont idéaux : il fait chaud, la mer est souvent agréable pour nager, la lumière est douce pour la photo et la marche est confortable. Juillet et août sont chauds et les plages bondées, même si les villages du haut restent relativement calmes. En hiver, beaucoup de maisons d'hôtes et de restaurants ferment ; vérifiez donc avant de partir.
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